- Les données first-party regroupent toutes les informations que vous collectez directement auprès de vos clients ou prospects — sur vos propres canaux (site web, application, point de vente), avec leur connaissance, idéalement avec un consentement explicite pour l'usage prévu.
- Avec la loi révisée sur la protection des données (nLPD, en vigueur depuis le 1er
- Les données first-party sont toutes les données qu'une entreprise collecte directement auprès de ses clients ou prospects — sur son propre site web, dans sa propre application, via sa newsletter ou ses cartes de fidélité.
- Pour le simple traitement d'un contrat (commande, contrat de service), la base légale de l'exécution du contrat suffit.
1. Que sont concrètement les données first-party ?
Contrairement à :
- Données second-party : les données first-party d'une autre entreprise, que vous achetez ou échangez contre vos propres données.
- Données third-party : données agrégées provenant de courtiers en données ou de DMP — techniquement et juridiquement très controversées, d'un usage très restreint en Suisse selon la nLPD.
- Données zero-party : une sous-catégorie des données first-party — des informations que l'utilisateur communique lui-même activement (par ex. dans un sondage de préférences). Particulièrement précieuses car déclarées.
2. Les 8 méthodes de collecte en détail
3. Conformité LPD : ce qui est obligatoire lors de la collecte
- Devoir d'information (art. 19 nLPD) : vous devez informer activement la personne concernée sur la collecte, la finalité et les destinataires des données — dans un langage clair, compréhensible et accessible.
- Limitation de la finalité : les données ne peuvent être utilisées que pour les finalités indiquées. Qui collecte des adresses e-mail pour une newsletter ne peut pas les transmettre à des tiers pour du ciblage publicitaire sans consentement supplémentaire.
- Minimisation des données : ne collecter que les données réellement nécessaires. Exiger une date de naissance pour une newsletter, sans levier de valeur, ne respecte pas ce principe.
- Sécurité des données : les mesures techniques et organisationnelles (MTO) doivent être proportionnées au risque. Le chiffrement en transit (HTTPS) et au repos constitue un standard minimal.
- Sous-traitance (art. 9 nLPD) : si vous utilisez un prestataire tiers (CRM, outil e-mail, hébergeur), vous avez besoin d'un contrat de sous-traitance — avec une description claire du mandat, une liste des MTO et les éventuels sous-traitants ultérieurs.
Sources : nLPD (RS 235.1), PFPDT.
4. Configuration du stockage : où déposer les données
Pour les PME suisses, quatre modèles de stockage ont fait leurs preuves — selon le volume et la sensibilité des données :
| Modèle | Adapté à | Exemples d'outils | Hébergement CH ? |
|---|---|---|---|
| Outil d'e-mail marketing | < 10'000 contacts, newsletter pure | MailerLite, Brevo (Sendinblue), MailJet | Serveurs UE courants |
| Système CRM | Gestion des leads, ventes B2B | HubSpot, Pipedrive, Salesforce | UE/US, vérifier le contrat de sous-traitance |
| Spécifique CH | Secteurs sensibles (droit, médecine, finance) | Bexio, Infoniqa, Klara | Oui (cloud CH disponible) |
| Auto-hébergé | Contrôle maximal, expertise technique disponible | Mautic, Listmonk, Postal | Avec un hébergeur CH propre : oui |
Interaction entre plusieurs outils
En pratique, les PME collectent souvent dans un outil et consolident dans un autre :
- Formulaires du site via Tally / HubSpot Forms → CRM
- Inscription newsletter → MailerLite → synchronisation vers le CRM
- Commande boutique en ligne → base de données de la boutique → CRM
- Magasin → système de caisse (POS) → import CRM
Important : chaque interface nécessite une vérification au regard de la LPD. Ne pas oublier les sous-traitants ultérieurs dans le contrat de sous-traitance.
5. Erreurs fréquentes et comment les éviter
Erreur 1 : collecter trop de données en une fois
Qui fait remplir 12 champs lors de l'inscription à la newsletter obtient un taux de conversion proche de zéro. Bonne pratique : le minimum au premier contact (e-mail), puis un profilage progressif via les points de contact suivants (par ex. centre de préférences 4 semaines plus tard).
Erreur 2 : aucune hygiène de liste
Une liste de 20'000 adresses dont 18'000 n'ont jamais cliqué est dangereuse. Réactivez ou excluez les contacts non engagés après 12 mois — sinon la délivrabilité en pâtit.
Erreur 3 : absence de contrat de sous-traitance
Qui travaille avec HubSpot, Salesforce, MailerLite sans contrat de sous-traitance signé (Data Processing Agreement) enfreint l'art. 9 nLPD. La plupart des prestataires proposent un DPA en ligne pour signature électronique.
Erreur 4 : ignorer le double opt-in
Pour les inscriptions à la newsletter, le double opt-in (confirmation par e-mail) est la meilleure pratique. Il protège contre les listes de spam et constitue en plus une preuve de consentement — pertinente en cas de litige devant un tribunal.
Erreur 5 : oublier de supprimer les données
Lorsqu'un abonné à une newsletter se désinscrit, ses données doivent être supprimées — pas seulement désactivées. Mettez en place des routines de suppression techniques et documentez-les dans le registre des traitements.