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Point de vue · Principe

Pourquoi ton attention doit être payée

27 août 2026 9 min de lecture
Des personnes avec des smartphones devant de grands écrans publicitaires numériques
Image : Oast House Archive · CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons
Ce texte est un point de vue, pas un guide. Il expose pourquoi nous avons construit Videte, pourquoi nous estimons qu’un tournant est nécessaire, pourquoi l’attention mérite à notre avis une contrepartie — et pourquoi nous nous arrêtons à une heure par jour, alors que davantage serait techniquement possible. Les chiffres documentés sont marqués en vert, nos conclusions en orange. Qui ne veut que l’un peut sauter l’autre.
En bref
  • En Suisse, un peu plus de CHF 6 milliards ont été dépensés en publicité en 2024. On estime que CHF 1,9 à 2,4 milliards de cette somme sont allés à des entreprises technologiques américaines — plus que ce que tous les médias suisses réunis ont encaissé.
  • Dans ce système, on paie pour ton attention. Simplement pas à toi.
  • Notre conclusion : qui fournit la valeur doit avoir sa part de la rémunération. Chez nous, c’est 95 pour cent.
  • Et nous limitons le temps rémunéré à 60 minutes par jour — parce qu’un contre-modèle qui optimise la durée de présence maximale serait la même affaire avec meilleure conscience.
Comment lire ce texte Nous exploitons nous-mêmes une plateforme publicitaire et avons un intérêt à ce que tu sois d’accord avec nous. C’est pourquoi chaque chiffre est ici accompagné de sa source, chaque conclusion est signalée comme telle, et l’objection la plus forte contre nous figure dans le texte — pas dans les petits caractères.
Sommaire
  1. Où atterrit aujourd’hui le franc publicitaire suisse
  2. Pourquoi nous estimons qu’un tournant est nécessaire
  3. Pourquoi le temps mérite une contrepartie
  4. Pourquoi nous nous arrêtons à une heure par jour
  5. L’objection la plus forte contre nous
  6. Pourquoi la situation est différente en Suisse
  7. Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour toi ?

Où atterrit aujourd’hui le franc publicitaire suisse

Réponse directe
En Suisse, un peu plus de CHF 6 milliards ont été dépensés en publicité en 2024. On estime que CHF 1,9 à 2,4 milliards de cette somme sont revenus à des entreprises technologiques américaines — plus que ce que tous les médias suisses réunis ont encaissé.
Documenté · Statistique publicitaire suisse 2024
  • Recettes publicitaires totales en Suisse : un peu plus de CHF 6 milliards
  • Recettes publicitaires des entreprises technologiques américaines en Suisse : estimées à CHF 1,9–2,4 milliards
  • Recettes publicitaires de tous les médias suisses réunis : environ CHF 2 milliards
  • Chiffre d’affaires publicitaire de la presse en 2024 : CHF 652 millions — 75 % de moins que 20 ans auparavant

Source : Fondation Statistique suisse en publicité, année de relevé 2024, reprise par la SRF. La répartition entre les différents groupes est une estimation, pas une grandeur de bilan publiée.

Ces quatre lignes constituent tout le point de départ. La publicité est en Suisse un marché de plusieurs milliards, et le poste individuel le plus important revient à des entreprises qui n’entretiennent ici ni rédaction, ni imprimerie, ni impôts notables. Ce n’est pas une accusation — c’est une description.

Ce qui est remarquable, c’est ce pour quoi cet argent est payé. Pas pour du papier, pas pour du temps d’antenne, pas pour des surfaces d’affichage. On paie pour l’accès aux personnes. La matière première de ce marché est ton attention. C’est le seul ingrédient que personne ne peut fabriquer et qui n’apparaît pourtant comme poste de coût sur aucune facture.

Comment ce montant se répartit entre les canaux et ce qui en découle pour les médias suisses est exposé en détail dans Où va le franc publicitaire suisse.

Pourquoi nous estimons qu’un tournant est nécessaire

Réponse directe
Parce que le modèle actuel présuppose une contribution qu’il ne rémunère pas — et parce qu’il a évolué dans une direction où il faut toujours plus d’attention pour produire la même valeur.

Le premier point est simple à nommer. Un marché publicitaire a besoin de trois participants : quelqu’un qui veut vendre quelque chose, quelqu’un qui fournit l’espace, et quelqu’un qui regarde. Deux d’entre eux sont payés. Le troisième fournit la matière première la plus rare et repart les mains vides.

Le deuxième point est plus désagréable. Parce que l’attention ne coûte rien, elle est traitée comme quelque chose qui ne coûte rien : on en prend davantage. Toujours plus d’insertions, des contacts toujours plus courts, un suivi toujours plus fin pour compenser l’efficacité en baisse. Qui connaît la durée moyenne de visionnage d’une bannière publicitaire voit le résultat de cette spirale.

Notre conclusion Un marché qui évalue sa matière première la plus importante à zéro la gaspillera inévitablement. Non par mauvaise volonté, mais parce qu’une ressource sans prix n’envoie aucun signal invitant à l’utiliser avec parcimonie. Le tournant que nous jugeons nécessaire n’est donc pas moral, mais comptable : l’attention doit figurer du côté des coûts.

Ce qui en découle n’a rien de dramatique. Si une insertion coûte quelque chose, on en diffuse moins et on réfléchit plus longtemps à qui la montrer. C’est exactement là le point. Un modèle dans lequel l’attention est payée produit automatiquement moins de publicité et une publicité plus ciblée — non parce que quelqu’un l’interdit, mais parce que le gaspillage a alors une facture.

Pourquoi le temps mérite une contrepartie

Réponse directe
Parce que le temps est la seule ressource qui ne peut pas être multipliée. Qui consacre trente secondes à une publicité les a dépensées irrémédiablement — et l’annonceur a payé pour cela. La seule question est : à qui.

L’objection vient naturellement : regarder de la publicité, ce n’est tout de même pas du travail. Exact — et ce n’est d’ailleurs pas la question. La question est que, pour ces secondes, de l’argent circule déjà aujourd’hui. Un annonceur qui réserve chez nous paie CHF 158 pour mille spots de 30 secondes regardés intégralement. Il paie ce montant parce que l’attention a une valeur. Elle l’a aussi lorsqu’elle est collectée gratuitement ailleurs.

Vérifiable · Mécanique de notre plateforme
  • L’annonceur paie pour 30 secondes vérifiées et regardées intégralement.
  • De cette rémunération, 95 pour cent vont à l’utilisatrice ou à l’utilisateur, 5 pour cent restent à la plateforme à titre de commission.
  • Versement dès CHF 200 de solde sur un compte suisse ; un solde inférieur n’expire pas.
  • Il n’y a ni frais d’inscription, ni pack de démarrage, ni rémunération pour le parrainage d’autres personnes.

Les montants concrets par spot et ce que cela donne réalistement par mois, nous les calculons intégralement dans Gagner de l’argent en regardant de la publicité — y compris la question de savoir pourquoi les promesses journalières à trois chiffres d’autres prestataires ne peuvent pas tenir mathématiquement.

Notre conclusion Nous ne prétendons pas que regarder de la publicité soit un métier. Nous prétendons qu’un flux d’argent qui a lieu de toute façon ne devrait pas ignorer celui sans qui il n’existerait pas. C’est une exigence modeste — et pourtant une exigence que le modèle actuel ne remplit pas.

Pourquoi nous nous arrêtons à une heure par jour

Réponse directe
Parce qu’un modèle sans limite récompenserait le plus précisément les personnes qui ont le moins d’alternatives — et parce qu’une alternative à l’économie de l’attention qui optimise elle-même la durée de présence maximale serait la même affaire avec meilleure conscience.

Par jour civil, nous rémunérons au maximum 60 minutes de temps d’utilisation. Le compteur est remis à zéro à minuit. Techniquement, nous pourrions supprimer la limite ; économiquement, nous pourrions vendre davantage d’inventaire. Nous la jugeons néanmoins juste, et ce pour cinq raisons.

  1. Sans limite, ce sont les mauvaises personnes qui sont touchées en premier. Un modèle qui paie sans limite est, pour quelqu’un avec un emploi sûr, un passe-temps, et pour quelqu’un dans une situation financière serrée, une tentation d’y investir la moitié de la journée — pour une valeur horaire qui ne justifie jamais un tel investissement. Qui n’a pas d’alternative perdrait le plus de temps. Une limite écarte cette possibilité avant qu’elle n’apparaisse.
  2. L’attention ne peut pas être étirée à volonté. La valeur pour laquelle un annonceur paie réside dans l’attention consciente. Après la cinquantième répétition dans une journée, il ne reste plus rien d’une attention consciente — le format tourne, la tête est ailleurs. Un plafond protège précisément ce qui est vendu contre sa propre dévalorisation.
  3. Un montant plafonné ne rend aucune fraude rentable. Un compte qui ne rapporte par jour qu’un montant limité n’est pas rentable pour les tentatives d’abus automatisées. La limite est ainsi aussi une caractéristique de sécurité — elle garde propre l’inventaire que les annonceurs paient.
  4. Elle rend notre promesse vérifiable. Nous disons : petit revenu d’appoint, pas un revenu. Une limite est la seule forme sous laquelle une telle phrase peut être garantie techniquement au lieu d’être simplement affirmée. Sans plafond, « pas un revenu » serait un argument marketing ; avec plafond, c’est une propriété du système.
  5. Et la raison la plus importante : nous critiquons un modèle d’affaires qui optimise la durée de présence maximale. Si nous optimisions nous-mêmes dans ce sens, notre critique serait sans valeur. La limite est l’endroit où l’on voit si une plateforme prend sa propre critique au sérieux — elle nous coûte du chiffre d’affaires, et c’est précisément pour cela qu’elle est là.
Notre conclusion Une heure n’est pas une limite dérivée scientifiquement. C’est une décision : assez longue pour que l’utilisation en vaille la peine, assez courte pour qu’elle trouve sa place à côté d’une journée normale et ne tente personne de la prendre pour un substitut à autre chose. Nous jugeons ce choix défendable — et nous en discutons ouvertement au lieu de le cacher.

La limite restreint d’ailleurs la rémunération, pas l’utilisation. Qui veut rester plus longtemps peut le faire ; c’est la première heure qui est rémunérée.

L’objection la plus forte contre nous

Réponse directe
Elle dit : qui êtes-vous pour décider combien de temps j’ai le droit de vendre mon propre temps ? L’objection est légitime, et nous l’assumons — pour une raison que nous exposons ouvertement.

Une limite est une intervention paternaliste. Nous fixons une frontière que quelqu’un d’autre aurait peut-être tracée ailleurs, et nous le faisons avec l’argument que c’est pour le bien de chacun. Historiquement, cet argument n’inspire pas particulièrement confiance. Nous ne pouvons pas le réfuter, nous pouvons seulement le justifier : l’alternative — sans limite — produit exactement le modèle que nous critiquons. Entre deux options insatisfaisantes, nous avons choisi celle dont l’inconvénient est visible et discutable.

Une deuxième objection concerne l’ordre de grandeur. Face à CHF 6 milliards de dépenses publicitaires, une plateforme comme la nôtre est infime. Nous ne déplaçons rien dans cette statistique, et nous ne devrions pas faire comme si c’était le cas.

Une troisième, celle qui nous occupe le plus : ce qui a lieu ici est une réorientation, pas une création. Le franc publicitaire aurait été dépensé même sans nous — simplement ailleurs. Qui affirme qu’un tel modèle crée une plus-value pour l’économie nationale devrait d’abord le démontrer. Nous ne l’affirmons pas. Ce que nous affirmons est plus étroit et plus vérifiable : chez nous, la plus grande part de la rémunération atterrit chez des personnes en Suisse plutôt que dans le bilan d’un groupe à l’étranger.

Notre conclusion Nous considérons les trois objections comme sérieuses et aucune d’elles comme réglée. Un point de vue qui tait ses propres faiblesses est de la publicité. Ce texte doit être autre chose.

Pourquoi la situation est différente en Suisse

Réponse directe
Parce qu’ici, trois choses se rejoignent qui n’existent pas ainsi ailleurs : une loi stricte sur la protection des données, un petit marché à fort pouvoir d’achat et un paysage médiatique dont le financement s’effondre visiblement.

Sur la protection des données. La loi révisée sur la protection des données exige la transparence sur les données traitées et dans quel but. Un modèle qui constitue ses groupes cibles à partir d’indications de profil fournies volontairement plutôt qu’à partir d’un comportement suivi a ici structurellement la tâche plus facile — et l’utilisateur sait ce qui est enregistré à son sujet, parce qu’il l’a saisi lui-même. Les différences entre la loi suisse et le règlement européen sont exposées dans LPD et RGPD en comparaison.

Sur la taille du marché. La Suisse est trop petite pour constituer un marché autonome pour les plateformes mondiales, et son pouvoir d’achat est trop élevé pour qu’elle soit sans intérêt. Il en résulte une situation où les utilisatrices et utilisateurs suisses sont plus précieux que la moyenne, mais moins pris en compte que la moyenne — les campagnes, les versions linguistiques et le support suivent la logique des marchés plus grands.

Sur le paysage médiatique. CHF 652 millions de chiffre d’affaires publicitaire pour la presse en 2024, trois quarts de moins que vingt ans auparavant : c’est le chiffre qui montre que la redistribution n’est pas théorique. Ce qui disparaît là, ce n’est pas seulement du chiffre d’affaires, mais de la capacité d’enquête.

Notre conclusion Nous jugeons plausible qu’un franc publicitaire qui atterrit chez une personne en Suisse et y est dépensé à nouveau fasse davantage pour l’économie intérieure que le même franc dans le bilan d’un groupe étranger. Plausible n’est pas la même chose que mesuré — c’est une argumentation, et elle figure ici comme telle.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour toi ?

Réponse directe
Que tu reçois une contrepartie pour quelque chose que tu cèdes déjà aujourd’hui de toute façon — dans un cadre clairement limité, avec des chiffres publiés et sans qu’il en résulte une obligation.

Concrètement, ce sont jusqu’à 60 minutes rémunérées par jour, 95 pour cent de la rémunération publicitaire, versement dès CHF 200 sur un compte suisse. Pas de salaire, pas de contrat de travail, pas de paiement anticipé, aucune obligation de faire quoi que ce soit un jour donné.

Et concrètement, c’est aussi ceci : un petit montant. Nous le disons clairement, parce que le contraire est la norme sur ce marché. Qui cherche une plateforme promettant des montants journaliers à trois chiffres la trouvera — et découvrira ensuite pourquoi le calcul ne tient pas. Les signes qui permettent de le reconnaître à l’avance figurent dans Job annexe en ligne en Suisse.

Si notre regard sur le marché publicitaire est juste, tu peux le vérifier toi-même à l’aide des chiffres de la première section. Si nos conclusions en sont correctes, c’est une autre question — que nous ne voulons pas trancher à ta place.

Si tu juges ce modèle juste

Videte te rémunère pour regarder de la publicité — 95 pour cent de la rémunération pour toi, au maximum 60 minutes rémunérées par jour, versement dès CHF 200 sur ton compte suisse. Pas de salaire, pas de contrat, pas de paiement anticipé.

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Questions fréquentes

Pourquoi l’attention devrait-elle être payée ?
Parce qu’elle est déjà payée aujourd’hui — mais pas à la personne qui la fournit. En Suisse, un peu plus de CHF 6 milliards ont été dépensés en publicité en 2024. La matière première de ce marché est l’accès aux personnes ; c’est le seul ingrédient qui n’apparaît comme poste de coût sur aucune facture.
Pourquoi Videte limite-t-il le temps rémunéré à 60 minutes par jour ?
Pour cinq raisons : un modèle sans limite récompense le plus ceux qui ont le moins d’alternatives ; l’attention ne peut pas être étirée à volonté sans perdre la valeur pour laquelle on paie ; un montant journalier plafonné ne rend aucun abus automatisé rentable ; une limite rend la promesse « revenu d’appoint, pas un revenu » techniquement vérifiable ; et une plateforme qui critique la durée de présence maximale ne doit pas elle-même optimiser dans ce sens.
La limite restreint-elle aussi l’utilisation de la plateforme ?
Non, elle limite la rémunération. Qui souhaite rester plus longtemps peut le faire ; sont rémunérées au maximum 60 minutes par jour civil. Le compteur est remis à zéro chaque jour à minuit, heure suisse.
Qu’est-ce qui parle contre ce modèle ?
Trois choses que nous exposons ouvertement. Premièrement, une limite de temps est une intervention paternaliste. Deuxièmement, une plateforme isolée est infime face à CHF 6 milliards de dépenses publicitaires. Troisièmement, il s’agit d’une réorientation de flux financiers, pas de la création d’une nouvelle valeur — le franc publicitaire aurait été dépensé de toute façon.
Est-ce un revenu ?
Non, et cela ne doit pas en être un. C’est un petit revenu d’appoint dans un cadre volontairement limité. C’est précisément pour cela que la limite journalière existe : elle fait de cette affirmation une propriété du système plutôt qu’un argument marketing.
Pourquoi la situation en Suisse est-elle particulière ?
Parce que trois choses se rejoignent : une loi stricte sur la protection des données qui favorise les modèles sans suivi comportemental ; un marché petit mais à fort pouvoir d’achat, où les utilisatrices et utilisateurs sont plus précieux que la moyenne mais moins pris en compte que la moyenne ; et une presse dont le chiffre d’affaires publicitaire s’élevait à CHF 652 millions en 2024 — 75 pour cent de moins que vingt ans auparavant.

Pour aller plus loin

Rappel Les fourchettes de prix sont des valeurs indicatives pour le marché suisse 2025/2026. Seules les listes de prix des régies et des éditeurs font foi. Les indications concernant Videte peuvent changer ; seules les CG font foi. État : août 2026.
À propos de l’éditeur
Cet article a été publié par Videte Marketing Solutions. Propriétaire de la plateforme : Muaz Arnaut, Berne. Plus d’informations sur nous sur /a-propos.
Nous exploitons nous-mêmes une plateforme publicitaire et figurons dans le tableau des canaux. Les chiffres des autres canaux proviennent de données de marché accessibles au public ; là où nous ne disposons d’aucune indication fiable, cela est explicitement mentionné dans le tableau.