- Depuis le 1er septembre 2023, la loi sur la protection des données révisée (nLPD) est en vigueur en Suisse.
- Seules les données réellement nécessaires à la finalité convenue sont autorisées.
- Le profilage est l'analyse automatisée de données personnelles visant à évaluer des aspects personnels.
- Écris un e-mail informel à la plateforme.
- La LPD révisée depuis le 1.9.2023 — ce qui a changé
- Quelles données les plateformes ont le droit de collecter — et lesquelles non
- Profilage vs. profilage à risque élevé
- Droit d'accès : le demander en 5 minutes
- Fournisseurs CH vs UE vs US — où se trouvent tes données
- Anonymisation vs. pseudonymisation
- Comment nous procédons concrètement chez Videte
1. La LPD révisée depuis le 1.9.2023 — ce qui a changé pour toi
Les principales nouveautés pour toi en tant que personne qui gagne de l'argent en ligne :
- Obligations d'information renforcées : les plateformes doivent indiquer activement quelles données elles collectent et dans quel but — pas seulement les dissimuler dans une déclaration de protection des données.
- Obligation de notification en cas de violation de données : quiconque subit une violation de données doit la signaler « dans les meilleurs délais » au PFPDT, si elle présente un risque élevé (art. 24 nLPD).
- Privacy by Design / by Default : la protection des données doit être intégrée dans la technique d'une plateforme — pas ajoutée après coup.
- Amendes personnelles plus élevées : les personnes responsables (dirigeants etc.) peuvent être condamnées à une amende allant jusqu'à CHF 250'000 — pas l'entreprise, mais la personne.
- Profilage à risque élevé : nouvelle catégorie avec des obligations renforcées (voir section 3).
- Protection réservée aux personnes physiques : contrairement à l'ancienne LPD, les personnes morales ne sont plus protégées — ce qui facilite l'harmonisation avec le RGPD européen.
Concrètement, cela signifie : si tu t'inscris aujourd'hui sur une plateforme, sa déclaration de protection des données devrait dire clairement ce qu'elle enregistre, pourquoi, pendant combien de temps et qui d'autre y a accès. Si tu ne trouves pas cela en une demi-heure — c'est déjà un signal d'alarme en soi.
Source : Loi fédérale sur la protection des données (LPD, RS 235.1), Guides du PFPDT.
2. Quelles données les plateformes ont le droit de collecter — et lesquelles non
Si une plateforme te rémunère en CHF pour le visionnage de publicités, elle a besoin de :
La proportionnalité peut être vérifiée subjectivement : si une plateforme de sondages te demande ton numéro AVS, tu peux te demander : en ont-ils vraiment besoin ? La réponse est généralement : non. Ce serait un signal pour plutôt interrompre.
Source : LPD art. 6 (principes), art. 5 (définitions, y compris les données personnelles sensibles).
3. Profilage vs. profilage à risque élevé — la différence déterminante
La nLPD distingue à l'art. 5 let. f et g :
Profilage (let. f)
Tout traitement automatisé de données personnelles visant à évaluer certains aspects personnels d'une personne physique — notamment à analyser ou à prédire des éléments relatifs au rendement au travail, à la situation économique, à la santé, aux préférences, aux intérêts, à la fiabilité, au comportement, à la localisation ou aux déplacements.
Exemple : une plateforme publicitaire te classe, sur la base de ton comportement de clic, dans la catégorie « intéressé par le sport ». C'est du profilage ordinaire. Autorisé avec information, limitation de la finalité et proportionnalité.
Profilage à risque élevé (let. g)
Un profilage qui comporte un risque élevé pour la personnalité ou les droits fondamentaux de la personne concernée, du fait qu'il entraîne un croisement de données permettant d'évaluer des aspects essentiels de la personnalité.
Exemple : une plateforme combine ton comportement de clic publicitaire avec des données de solvabilité et des préférences politiques pour t'évaluer en vue d'assurances ou de crédits. C'est du profilage à risque élevé — qui nécessite ton consentement explicite.
Cette distinction a été volontairement établie afin que toute personnalisation simple ne devienne pas un piège de consentement, tout en garantissant que les analyses réellement risquées soient clairement réglementées.
Concrètement, cela signifie : pour chaque plateforme que tu utilises, demande-toi : mes données sont-elles combinées de manière à ce qu'une décision importante soit prise à mon sujet ? Si oui, en tant qu'utilisateur, joue la sécurité avec un consentement explicite — ou refuse.
Source : LPD art. 5 let. f et g, PFPDT : explications sur le profilage.
Prochaine étape : approfondissement dans l'article « Profilage à risque élevé : comprendre la différence de la LPD ».
4. Droit d'accès : demander en 5 minutes ce qu'une plateforme a enregistré sur toi
Tu as droit à des informations sur :
- Quelles données la plateforme a enregistrées sur toi
- La finalité du traitement
- La durée de conservation (ou les critères la déterminant)
- L'origine des données
- Les destinataires ou catégories de destinataires
- La logique et la portée des décisions individuelles automatisées
- Le fait que des données sont transmises à l'étranger, et vers quel pays
Modèle d'e-mail
Ce que tu reçois comme réponse
Une réponse en bonne et due forme contient généralement :
- Un résumé de ton profil (pseudonyme, date d'inscription, pays)
- Une liste des actions (connexions, versements, clics de consentement)
- Une liste des catégories de données (e-mail, IBAN, journaux IP, données KYC)
- Une liste des sous-traitants (p. ex. hébergement, fournisseur de messagerie, service de paiement)
- Une explication des délais de conservation
Si la plateforme ne répond pas ou fait de la résistance
- Envoie un rappel par lettre recommandée (nouveau délai de 14 jours)
- Si aucune réponse ne suit : dépose une plainte auprès du PFPDT sur edoeb.admin.ch
- En cas de refus intentionnel : action civile devant le tribunal du domicile (art. 32 LPD)
Source : LPD art. 25 (droit d'accès), PFPDT : droit d'accès.
Prochaine étape : guide étape par étape avec modèle dans l'article « Droit d'accès selon la LPD : comment l'exercer ».
5. Fournisseurs CH vs fournisseurs UE vs fournisseurs US — où se trouvent tes données
| Type de fournisseur | Avantage | Inconvénient | Ce qui compte pour toi |
|---|---|---|---|
| Fournisseur suisse (siège CH, serveurs CH/UE) | LPD directement applicable, démarches courtes auprès du PFPDT, for judiciaire suisse | Marché plus restreint, parfois moins de choix | Les plaintes avancent rapidement, aucun conflit avec les autorités américaines |
| Fournisseur UE (siège UE, serveurs UE) | Protection RGPD souvent comparable, flux de données UE-CH réglé bilatéralement | Autorités européennes compétentes, procédures plus longues | Un bon compromis pour les Suisses |
| Fournisseur US (siège US, serveurs US ou mondiaux) | Grandes plateformes, techniquement souvent avancées | Les autorités américaines peuvent exiger un accès (p. ex. CLOUD Act), l'adéquation avec la Suisse n'est pas garantie | Nécessitent un consentement explicite ou des clauses contractuelles types |
| Pays tiers sans adéquation (p. ex. Chine, Russie) | — | Transmission de données pratiquement impossible sans consentement explicite | Très rare sur les plateformes de revenu, mais à lire attentivement |
Exemple : Toluna est une entreprise américaine avec des filiales européennes. YouGov a son siège au Royaume-Uni. AmPuls est suisse. TestingTime a son siège à Zurich, avec des serveurs dans l'UE. Pour les utilisateurs suisses domiciliés en CH, la LPD s'applique aux trois — mais l'emplacement du serveur influence la rapidité avec laquelle tu obtiens gain de cause en cas de litige.
Ce que tu peux faire :
- Lire dans la déclaration de protection des données la section « emplacement des données » ou « transmission internationale de données »
- Les clauses contractuelles types (CCT) sont un signe de conformité correcte chez les fournisseurs américains
- Si quelque chose te semble étrange, dépose une demande d'accès — tu dois alors l'obtenir noir sur blanc
Prochaine étape : comparaison concrète des plus grandes plateformes de sondages dans l'article « Mes données sont-elles en sécurité sur les plateformes de sondages en ligne ? ».
6. Anonymisation vs. pseudonymisation — la différence pratique
Pseudonymisation — la méthode courante
Tes données sont enregistrées avec un identifiant (p. ex. user_4f3a9e7c) au lieu de ton nom. Il existe une table de correspondance qui relie l'identifiant et l'identité. Cette table est conservée séparément — mais le lien peut être rétabli. Les données pseudonymisées sont et restent des données personnelles et sont soumises à la LPD.
Exemple : une plateforme publicitaire enregistre tes visionnages de publicités sous user_4f3a9e7c. Pour les analyses internes, les collaborateurs ne voient que l'identifiant. Lors d'un versement, la table de correspondance est consultée pour savoir qui tu es.
Anonymisation — la vraie coupure
L'anonymisation signifie que l'identité ne peut plus être établie, même avec des efforts importants. En pratique, cela s'obtient par l'agrégation, la k-anonymat (au moins k personnes avec un jeu de données identique), la confidentialité différentielle ou d'autres techniques. Les données réellement anonymisées ne sont plus soumises à la LPD.
Exemple : une plateforme indique à son client publicitaire : « 743 utilisateurs du canton de Zurich, 25-34 ans, ont vu cette vidéo publicitaire. » Si k est d'au moins 10-20 et qu'aucune caractéristique rare ne s'y ajoute, cela n'est pratiquement plus ré-identifiable.
Ce que tu devrais vérifier en tant qu'utilisateur :
- Si une plateforme dit « nous ne transmettons que des données anonymisées » — demande : quelle méthodologie ? K-anonymat avec quel k ? Agrégation à quel niveau ?
- Si la réponse reste vague, il s'agit très probablement de pseudonymisation — et tu conserves tes droits selon la LPD
Prochaine étape : plongée plus approfondie dans l'article « Que signifie vraiment un 'profil anonymisé' ? ».
7. Comment nous procédons concrètement chez Videte
Nous exploitons Videte comme plateforme publicitaire suisse avec siège à Berne. Voici quelques points concrets sur notre protection des données — pas comme publicité, mais pour que tu voies ce que les principes abstraits de cet article signifient en pratique :
Ce que nous enregistrons
- E-mail (connexion, confirmation de versement)
- Indication du domicile (rattachement fiscal suisse, KYC)
- Réponses au questionnaire publicitaire (profil de ciblage, pseudonymisé)
- IBAN/TWINT (uniquement pour le versement, pas pour le profilage)
- Adresse IP (lutte contre la fraude, supprimée après 90 jours)
Ce que nous n'enregistrons pas
- Historique de navigation en dehors de videte.ch
- Données de localisation
- Contenus du microphone, de la caméra, des contacts
- Données de tiers que nous n'avons pas collectées nous-mêmes
Ce que nous donnons aux clients publicitaires
Des statistiques agrégées de portée et de groupes cibles (k au minimum 50). Jamais de profils individuels, jamais ton nom, jamais ton e-mail.
Où se trouvent tes données
Hébergement en Suisse (Hostfactory, Zurich), envoi des e-mails via un serveur SMTP suisse, aucun fournisseur cloud américain pour les données personnelles.
Droit d'accès
Un e-mail à support@videte.ch suffit. Tu reçois dans un délai de 30 jours un export JSON de toutes les données que nous conservons sur toi — gratuitement.
Nous ne disons pas cela parce que nous serions parfaits ici. Nous le disons parce que la protection des données lorsqu'on gagne de l'argent en ligne ne fonctionne que si la plateforme révèle ce qu'elle fait — et que toi, en tant qu'utilisateur, disposes des outils pour le vérifier.